L’entretien de recrutement, aussi essentiel soit-il pour sélectionner un candidat, est avant tout un exercice encadré par la loi. En France, le Défenseur des droits veille au respect des 23 critères discriminants, rendant certaines questions strictement interdites. Pourtant, des pratiques déviantes subsistent, compromettant à la fois l’éthique et l’efficacité de l’évaluation. Il est donc temps de recentrer le processus sur les questions pertinentes, en bannissant celles qui n’ont pas leur place.
Les questions à éviter absolument
Certaines questions posées en entretien restent illégales et inappropriées, telles que :
- Où habitez-vous ?
- Êtes-vous en couple ou envisagez-vous de fonder une famille ?
- Que font vos parents ?
- Avez-vous des enfants ou prévoyez-vous d’en avoir ?
Ces interrogations, bien qu’apparemment anodines, risquent de biaiser le processus de recrutement. Elles sont non seulement contraires à la loi, mais elles n’apportent aucune donnée exploitable pour mesurer l’adéquation d’un candidat au poste.
Pourquoi de telles pratiques persistent-elles ?
Face aux échecs de recrutement souvent liés à des problèmes comportementaux ou à une inadéquation avec la culture d’entreprise, certains recruteurs tentent de collecter des informations personnelles en pensant mieux comprendre leurs candidats. Ils justifient ces questions comme étant nécessaires pour évaluer le savoir-être ou anticiper des contraintes organisationnelles.
Cette démarche, bien qu’animée de bonnes intentions, repose sur des biais discriminants et va à l’encontre des principes fondamentaux d’un recrutement objectif et équitable.
L’équilibre entre objectivité et humanité
Un recrutement réussi repose sur l’équilibre entre compétences, motivations et personnalité. Si les compétences peuvent évoluer, les motivations et la personnalité sont plus difficiles à transformer sur le long terme. Toutefois, poser des questions intrusives ou discriminantes ne garantit en rien un meilleur discernement : au contraire, cela risque de faire fuir des talents ou de ternir l’image de l’entreprise.
En conclusion, les questions interdites n’apportent aucune valeur ajoutée et desservent autant le processus de recrutement que l’image de votre organisation. Concentrez-vous sur l’évaluation des trois piliers fondamentaux du recrutement pour garantir une analyse globale et équilibrée.



